En donnant le point du match nul à l'OM, dimanche dernier à Lyon (1-1), Mamadou Niang a peut-être sauvé la tête d'Albert Emon. A l'issue de la défaite marseillaise contre Lens (0-1), l'entraîneur olympien s'était effectivement retrouvé dans une position pour le moins délicate mais le résultat positif ramené de Gerland a permis à Emon de garder son poste. Une victoire de l'OM samedi au Vélodrome contre Nice, comptant pour la 29e journée de Ligue 1, lui assurerait certainement de terminer la saison sur le banc marseillais.
Albert Emon aimerait bien ne plus se ronger les ongles.Lorsque Jean Fernandez a quitté La Canebière pour Auxerre l'été dernier, les dirigeants marseillais ont éprouvé quelques difficultés pour trouver son successeur. Si la presse en faisait évidemment un peu trop en laissant croire aux supporters olympiens la probable arrivée de noms bien ronflants (Deschamps, Ranieri, Zeman, Blanc...), la situation à l'époque ne permettait pas d'échapper au terrible constat que l'OM ne semblait pas attirer les cadors du banc de touche. Pape Diouf et José Anigo furent alors bien heureux de voir Albert Emon venir taper à la porte et proposer ses services au cas où la pêche ne serait pas fructueuse. Le président marseillais et son directeur sportif revenus bredouilles, le jour de l'ex-international était donc arrivé.
L'ex-adjoint de Fernandez présentait l'avantage de connaître la maison par coeur et de ne pas exiger un staff imposant avides de salaires indécents. Restait pour l'entraîneur olympien de démontrer la confiance de ses dirigeants par les résultats. Après un début de saison prometteur, qui s'avèrera un trompe l'oeil, les coéquipiers d'Habib Beye se sont montrés trop inconstants pour s'affirmer sur le podium de la Ligue 1. Pire, le match à domicile concédé contre le PSG il y a un mois et demi (1-1, 23e journée) débuta une série placée sous le signe du gâchis et terriblement compromettante pour l'objectif, à savoir une place sur le podium. Depuis son duel raté contre Paris, l'OM a enchaîné cinq rencontres sans la moindre victoire récoltant, avant la 29e journée qui débutera samedi, deux points sur 15 possibles. Et les Olympiens n'ont plus gagné depuis le 24 janvier et un succès obtenu à huis clos contre l'AJA (3-1).
Un OM-Nice décisif
A qui la faute ? Les joueurs ? Certainement. Les ratés de Djibril Cissé, le coup de mou de Franck Ribéry (indisponible depuis) et l'attitude quelque peu laxiste des Olympiens sur le terrain ces dernières semaines expliquent en partie la mauvaise passe que traverse l'OM. Albert Emon a évidemment sa part de responsabilité mais doit-il payer pour autant la note ? Surtout à 10 journées du baisser de rideau du championnat ? La question s'est posée après la défaite à domicile contre Lens (0-1, 27e journée) à l'issue de laquelle ni Emon, ni les joueurs n'étaient venus répondre aux questions de la presse suivant ainsi les consignes. Pape Diouf a même évoqué l'hypothèse d'un départ de son entraîneur deux jours avant le déplacement à Lyon. "Aujourd'hui, Albert Emon n'est pas menacé, mais dans les semaines à venir, je ne sais pas du tout ce qui peut arriver", avait ainsi lâché l'ancien journaliste dans les colonnes de L'Equipe.
Il n'en fallait pas plus pour placer Albert Emon sur un siège éjectable. Le match à Gerland sera son dernier en cas de défaite annonçait-on alors dans les derniers salons à la mode du parfait supporter de l'Ohème, n'oubliant pas de préciser que José Anigo assurerait l'intérim jusqu'à la fin de la saison. Quoi qu'il s'est dit dans les couloirs de La Commanderie sur le sort d'Emon, les Marseillais n'ont pas échoué à Gerland ramenant un nul porteur d'espoir pour la fin de saison (1-1). "Cela fait trois jours que c'était difficile pour moi. C'est comme ça. Pour un entraîneur, ce sont des challenges à relever jour après jour, match après match", s'exprimait, soulagé, l'entraîneur olympien quelques minutes après la rencontre
Samedi soir, Emon dirigera l'OM au stade Vélodrome face à une équipe niçoise qui le ramènera au début des années 90, l'époque où il avait en mains les Aiglons. Privés de Pagis (suspendu) Ribéry, Rodriguez et Oruma, tous trois blessés, les Olympiens savent qu'ils n'ont plus d'autres choix que de vaincre. Une nouvelle contre-performance à domicile (déjà trois défaites subies dans l'enceinte du Bd Michelet) n'est plus permise si Beye et les siens veulent continuer à croire au podium. Pour le bien de tout le peuple marseillais et celui de son entraîneur